Aides psychologiques : le dispositif Apesa
Interview de Marc Binnié, Président d'Apesa France

► Pourquoi le dispositif Apesa ?M.B.: La souffrance patronale, multifactorielles, est une réalité pourtant absente de bien des manuels d’économie, de comptabilité, de droit des procédures collectives, voire de psychologie. Au quotidien, la dégradation de la situation financière de l’entreprise, atteint souvent la santé physique et mentale de l’entrepreneur, souvent très seul au moment des pires doutes. Beaucoup, même dans l’échec n’ont pas démérité, ils ont même souvent tout donné et sacrifié à leur entreprise. Il est naturel de leur tendre la main. Grâce au dispositif APESA, parmi les 5 200 sentinelles du réseau, il y a des juges, des mandataires et administrateurs judiciaires, des greffiers, des Procureurs de la République, des experts-comptables, des conseillers de chambre consulaires, des représentants de syndicats patronaux, qui savent comment agir lorsqu’ils croisent un entrepreneur qui leur dit « je sais ce qu’il me reste à faire! »
► Concrètement ?M.B.: C’est en plus très simple. Lorsqu’une sentinelle, à l’occasion d’une rencontre avec un entrepreneur en difficulté, constate une situation de souffrance aiguë, sa formation de sentinelle lui permet de présenter et proposer le dispositif APESA. L’entrepreneur donne son accord pour une prise en charge psychologique gratuite, une fiche alerte numérique remplie par la sentinelle, est alors envoyée au psychologue de la coordination (RMA), et en moins de trente minutes, un psychologue rappelle l’entrepreneur, évalue la gravité de sa souffrance psychique et passe le relais à un psychologue à proximité du domicile de l’entrepreneur. Le psychologue du réseau local APESA rappelle l’entrepreneur et lui propose 5 entretiens en vis-à-vis, financés par une association APESA locale. La prise en charge de cette souffrance mérite d’être rémunérée et son coût est de 425 €. Parfois le prix d’une vie en quelque sorte.
► Votre meilleur souvenir?
M.B.: Dans le cadre de mes fonctions de greffier, les déclarations d’une femme chef d’entreprise. « Si APESA n’avait pas été là, je ne serais plus là! ».
